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Ombre

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yamata-no-orochi

Yamata-no-Orochi (le grand serpent a huit fourches) est le serpent-dragon multi-tetes le plus iconique du mythe japonais, consigne au debut du huitieme siecle dans les deux chroniques fondatrices de l Etat japonais : le 'Kojiki' (712) compile par Ō no Yasumaro et le 'Nihon Shoki' (720) compile sous le prince Toneri. Le serpent porte huit tetes et huit queues, et son corps est si vaste qu il 'recouvre huit vallees et huit cretes, avec des cypres et des cedres poussant sur son dos et un ventre toujours enflamme et sanglant'. Il apparait chaque annee le long de la riviere Hi (aujourd hui Hii) dans le pays d Izumo (est de la prefecture de Shimane) et exige l une des filles du vieux couple Ashinazuchi et Tenazuchi en tribut. Apres avoir devore sept de leurs huit filles, il revient pour la derniere, Kushinada-hime, lorsque le dieu de l orage Susanoo, banni du ciel, descend a Izumo. Susanoo prepare le yashiori-no-sake (un vin distille huit fois) et en remplit huit grands cuviers places devant huit portes, afin que chacune des huit tetes d Orochi boive dans un cuvier distinct ; il attend que les huit tetes soient ivres mortes. Il tranche alors les huit tetes et les huit queues a l aide de l epee divine Totsuka-no-Tsurugi (une epee 'longue de dix empans de main'). Lorsqu une queue ebreche sa lame, il y trouve une autre epee, plus fine — le Kusanagi-no-Tsurugi (egalement Ame-no-Murakumo-no-Tsurugi), l un des Trois Tresors Sacres de la maison imperiale japonaise, aujourd hui conserve au sanctuaire d Atsuta a Nagoya, dans la prefecture d Aichi.

goblin

Gobelin

Goblin · Le petit peuple rusé — Pillards vivant du nombre et de la ruse

Le gobelin est le plus repandu des 'petits humanoides pillards' de la fantasy anglophone moderne. Il descend des petites fees malicieuses du folklore europeen medieval et a ete codifie a travers trois couches textuelles : la litterature enfantine victorienne — 'Goblin Market' de Christina Rossetti (1862) et 'La princesse et le gobelin' de George MacDonald (Edimbourg, 1872) — , 'Bilbo le Hobbit' de J.R.R. Tolkien (1937), chapitres quatre a six, les gobelins des Monts Brumeux, et le coffret originel de Donjons et Dragons (1974) de Gary Gygax et Dave Arneson. Les gobelins mesurent quatre-vingt-dix a cent vingt centimetres, de constitution sinueuse, avec des oreilles et un nez disproportionnes, une peau vert-jaune ou cendree, des yeux jaunes et des canines aiguisees. Ils vivent en tribus dans des dedales (warrens) au sein des grottes, ruines et forets sombres, et survivent par pieges, embuscades et razzias. Leur puissance individuelle est faible — indice de defi 1/4 (sept points de vie, classe d armure quinze) dans le Monster Manual de la cinquieme edition de D&D (2014) — mais leur nombre, leur ruse et leur improvisation en font une menace durable. Leur alignement a ete fixe a Neutre Mauvais par le Monster Manual d AD&D de 1977. La meme lignee se voit chez les Greenskins de Warhammer Fantasy (depuis 1983), les gobelins de Gringotts dans 'Harry Potter' de J.K. Rowling (depuis 1997), les gobelins de Kezan dans 'World of Warcraft' de Blizzard (depuis 2004) et dans les lectures postcoloniales de 'Babel' de R.F. Kuang (2022).

gnoll

Gnoll

Gnoll · Le peuple hyène — Une tribu de pillards rendue folle par la faim

Le gnoll est une race humanoide pillarde a tete d hyene, introduite par Gary Gygax dans le coffret originel de Dungeons & Dragons de 1974 et codifiee dans le Monster Manual d AD&D de 1977 comme une tribu charognarde Chaotique Mauvaise (indice de defi 1/2) qui adore le prince-demon de la faim et du carnage, Yeenoghu. Gygax confirma lui-meme — dans 'Strategic Review' numero six (1976) et dans son interview de 'Dragon Magazine' numero cent (1985) — que le nom est emprunte au 'gnole' de la nouvelle 'How Nuth Would Have Practised His Art upon the Gnoles' tiree du 'Livre des Merveilles' de Lord Dunsany (1912); la forme est aussi souvent lue comme un mot-valise de 'gnome' et 'troll'. Les gnolls mesurent 210 a 220 centimetres, avec une carrure musculeuse d hominide, la tete et le pelage tachete brun-gris de l hyene tachetee (Crocuta crocuta), des doigts griffus comparables a ceux des humains et un rire glacant emprunte au cri territorial de l hyene tachetee. Ils errent en meutes nomades de quatre a douze dans les savanes, les badlands et les deserts arides, et obeissent a un 'Croc de Yeenoghu' touche par le prince-demon. Le 'Volo's Guide to Monsters' de la cinquieme edition (2016) rend le canon explicite: les gnolls ne sont pas une espece se reproduisant naturellement, mais le resultat de l ichor demoniaque de Yeenoghu mutant des hyenes tachetees. La lignee est empruntee aux Gnoblars de Warhammer Fantasy de Games Workshop, aux marogh de 'Dragon Age: Inquisition' (2014) de BioWare et aux pillards gnolls de la serie 'Baldur's Gate' de Black Isle (depuis 1998).